Foller.me on Twitter ?

Voilà, je suis de retour. Après avoir végété pendant trois jours pour me remettre des examens, j’ai décidé qu’il était peut-être temps de redonner un petit coup de boost à ce pauvre petit blog laissé à l’abandon depuis l’affaire Media Log I et II. Navrée que la pause ait été aussi longue, mais les semestres à la HEG ont tendance à se remplir d’un coup et j’ai eu trop à faire pour pouvoir me remettre à poster des billets par ici.

Cet article a pour but de vous parler de quelque chose que j’ai découvert durant le semestre et qui a eu le don d’ébranler pas mal certains de mes acquis. Un petit détail en somme, mais qui fait toute la différence et qui vous fait soudain grandement relativiser vos connaissances tout droit tirées de ce que vous avez toujours entendu. Ce ne sera pas une grande surprise pour certains, mais pour moi, cela a quand même été un choc. Vous êtes prêts ?

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Source de l’image

Twitter n’est pas un réseau social.

Voilà, c’est dit. J’ai appris cela en cours il y a un mois environ et depuis, je relativise beaucoup plus ce que les gens me disent ou ce que j’entends dans certaines conversations. Parce que non, même si beaucoup de gens affirment qu’une chose est vraie, elle ne l’est pas forcément ; et je me suis fait avoir comme une débutante…

Enfin, je ferme la parenthèse, parce que le but n’est pas de vous faire tout un blabla sur l’importance de l’évaluation de l’information (sur le web et dans la vraie vie), mais plutôt de continuer à vous parler de Twitter.

Donc, Twitter est un outil de micro-blogging qui vous permet de suivre des profils de personnes (following) et d’être suivi en retour (followers), de (re)transmettre de l’information (tweet et retweet) et d’en conserver (favoris). D’ailleurs, heureusement que tout cela est virtuel, parce que dans la vraie vie, ce serait bizarre de se faire suivre par un troupeau de personnes qui répètent tout ce que vous dites ou qui vous lancent « j’aime ce que tu dis » à tout bout de champ.

Il arrive régulièrement sur Twitter que de nouveaux profils se mettent à vous suivre. C’est toujours sympathique lorsque cela arrive, mais cela amène parfois à quelques surprises. Par exemple, lorsque vous ne reconnaissez absolument pas la personne qui a commencé à vous suivre. Oui oui, cela arrive. Vous cliquez sur son profil et sa bio ne vous renseigne pas du tout (ou il n’y en a carrément pas), et tout ce à quoi vous pouvez vous raccrocher, ce sont ses tweets qui n’ont pas non plus l’air d’être en lien avec ce que vous tweetez d’habitude… Et donc, la réaction très humaine que certaines personnes ont dans ces cas-là, c’est « Mais comment tu m’as trouvée et pourquoi tu me suis ?? ». Voilà voilà…

Ce n’est pas très agréable, hein ? Je trouve aussi… Mais au cours des derniers mois, j’ai découvert quelques trucs qui pourront peut-être améliorer cette situation, et ils viennent entre autres d’un article de Daniele Quercia, Licia Capra et Jon Crowcroft, lu en cours de webométrie (référence complète dans la bibliographie).

Une des premières choses à regarder lorsqu’une nouvelle personne nous suit (et là je parle bien de quelqu’un qu’on ne connaît pas du tout), c’est le nombre de followers (abonnés) et de following (abonnements) qu’elle a. Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce type d’informations vous donnera probablement un aperçu des raisons pour lesquelles on vous suit. Dans le cas où cette personne suit beaucoup de monde (donc a un grand nombre de following) par rapport au nombre de comptes qui la suivent, on peut considérer que cette personne est un robot ou un spammer. En gros, elle vous suit pour vous inciter à la suivre en retour et cela risque de ne pas être très intéressant pour vous. Souvent, il peut s’agir de robots en plus ou de démarches commerciales, donc concrètement, cela ne sert à rien de les suivre en retour.

A l’inverse, si la personne qui se met à vous suivre a beaucoup de followers et un following raisonnable en comparaison, alors il s’agit probablement d’une personne connue, et là, c’est vraiment très classe qu’elle vous suive.

Mais le nombre de followers/folllowing n’est pas toujours une indication suffisante. Parfois, des comptes « normaux » vous suivent juste parce qu’ils ont aimé un de vos tweets ou parce que leurs followers vous retweetent régulièrement. C’est aussi comme cela que Twitter fonctionne, par un genre de bouche à oreille virtuel.

Apparemment, il n’existe pas de moyens de savoir exactement pourquoi un nouveau compte nous suit, mais par contre, il est possible de trouver suffisamment d’informations pour décider si oui ou non, on veut suivre ce compte en retour. Et tout cela est possible grâce à un outil mis en ligne par Konstantin Kovshenin, un jeune russe, développeur chez WordPress.

Cet outil s’appelle foller.me et il est vraiment très très cool !

L’idée est simple : sur la page de foller.me, il vous suffit d’insérer le nom d’un compte dans une barre de recherche prévue à cet effet et de lancer la recherche.

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Vous tomberez alors sur une page vous donnant accès à un certain nombre d’informations sous forme de catégories appelée « metrics ».

Vous avez d’abord accès à un aperçu des informations de bases du profil, soit plus ou moins ce que vous voyez sur un compte Twitter public, comme le nom d’utilisateur, la photo de profil ou la bio. D’autres informations s’y ajoutent comme la langue utilisée de préférence ou la timezone, ainsi que des statistiques sur votre nombre de followers, de following et un calcul du ratio entre ces deux derniers. Mais comme je le disais au début de ce paragraphe, ces informations-là, vous les avez probablement déjà si vous avez jeté un coup d’oeil à un compte Twitter.

Là où cela devient intéressant, c’est lorsqu’on descend un peu plus bas et que l’on s’intéresse à la partie « Topics, Hashtags & Mentions ». L’idée est de mettre en évidence les thèmes sur lesquels une personne tweete et de voir avec qui elle interagit. Pour cela, le site utilise des nuages de tags, une liste des hashtags les plus fréquemment utilisés et classe les autres comptes avec lesquels on a le plus d’interactions. Sur la capture d’écran qui va suivre, il s’agit d’une analyse de mon compte Twitter.

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Le site nous propose ensuite une analyse sur 100 tweets du nombre de retweets, l’utilisation de hashtags et de mentions, ou de liens (et indique lesquels) et enfin des interfaces utilisées pour accéder à Twitter (eh oui, cela aussi est enregistré…). Dans l’absolu, cela est plus intéressant à connaître pour analyser sa propre utilisation de Twitter, mais ce sont des informations qui peuvent être utiles si on s’intéresse au comportement d’un internaute.

La catégorie suivante essaie d’estimer l’utilisation des smilies par une personne dans ses tweets. Il s’agit simplement de compter le nombre de fois qu’une personne tweete : ) ou : ( . Cela dit, il y a un biais, puisqu’il existe une bien plus grande quantité de smilies actuellement, ne serait-ce que le ; ) et toutes ses variantes ne sont pas prises en compte par foller.me. On pourrait se demander pourquoi le site répertorie ce type d’information. Après tout, pourquoi vouloir savoir si une personne met souvent des smilies dans ses tweets ? Je n’ai aucune réponse exacte, mais une théorie serait que nous véhiculons des émotions à travers nos tweets et que les smilies sont de bonnes représentations de ces émotions. De plus, comme nous l’indiquent Daniele Quercia (et al.) dans leur article, les gens auraient tendance à suivre sur Twitter des comptes qui véhiculent le même type d’émotions qu’eux. L’idée est intéressante, mais je ne suis pas sûre que pour le moment, l’outil proposé par foller.me soit suffisant pour nous donner un vrai aperçu des émotions transmises par certains comptes.

Pour finir, la catégorie Timezone indique les heures auxquelles les gens tweetent le plus. Il faut bien sûr faire un petit calcul pour se mettre à la bonne heure (foller.me indique l’heure en UTC + 0, donc est deux heures en retard par rapport à l’heure en Suisse), mais cela permet de savoir quand on est le plus actif sur Twitter (et quand les autres le sont…). Ce n’est pas forcément extrêmement intéressant, mais en soit c’est un détail sympathique.

Voilà, j’en ai fini avec ce long article sur Twitter et foller.me. J’espère que cela vous a intéressé et que certains d’entre vous ne se sentiront plus pris de cours la prochaine fois qu’un compte inconnu les suit !

Belle journée à vous !

++ L-A

Bibliographie

KOVSHENIN, Konstantin, 2016. foller.me [en ligne]. [Consulté le 21 juin 2016]. Disponible à l’adresse : https://foller.me/

QUERCIA, Daniele, CAPRA, Licia et CROWCROFT, Jon, 2012. The Social World of Twitter : Topics, Geography, and Emotions. [Consulté le 21 juin 2016]. Disponible à l’adresse : https://www.semanticscholar.org/paper/The-Social-World-of-Twitter-Topics-Geography-and-Quercia-Capra/620cb7d9c642490465653df9d2f8aa08c6a984f1/pdf

Twitter. Wikipédia : l’encyclopédie libre [en ligne]. Dernière modification de la page le 15 juin 2016 à 14 :42. [Consulté le 21 juin 2016]. Disponible à l’adresse : https://fr.wikipedia.org/wiki/Twitter

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