Ballade pour une baleine

Voilà, je vous avais bien dit en me présentant que vous entendriez parler de mammifères marins sur ces pages… En comparaison des livres que je catégorise comme « LGBT », cette thématique risque de ressembler à quelques ronds dans l’eau, mais tout de même. Pour faire tout à fait dans le cliché, je me suis découvert un intérêt pour les animaux marins lorsque j’ai vu pour la première fois Sauvez Willy et depuis, ma curiosité pour le monde subaquatique n’a fait que grandir, en particulier pour tout ce qui se rapporte aux baleines et aux orques. C’est ce qui m’a poussée à prendre un jour le sujet de cette critique sur un présentoir de librairie.

Ballade pour une baleine est l’histoire d’Iris, une jeune fille de 12 ans, sourde, passionnée de mécanique et spécialiste de la réparation de veille radio. Elle vit avec sa famille aux Etats-Unis. Iris est une jeune fille solitaire : seule sa grand-mère est sourde dans sa famille et ses parents ont insisté pour la scolariser dans une école classique. Même avec un interprète, Iris a de la peine à se lier avec ses camarades de classe et préfère rester dans sa bulle.

Un jour, en cours de sciences, elle découvre l’existence de Blue 55, une baleine hybride (croisement entre une baleine bleue et un rorqual commun), isolé lui aussi de ses pairs par son chant. En effet, cette baleine chante à une hauteur de 55 hertz, ce qui est 20 hertz au-dessus de la fréquence du chant des autres baleines. « Les autres baleines peuvent l’entendre, mais pas le comprendre. Sans doute n’arriverait-il pas à communiquer avec ses propres parents » (Kelly 2020, p. 19). En entendant cette histoire, Iris est touchée et se met à faire des recherches sur la baleine. Elle suit son trajet par GPS et compose même un morceau de musique à la fréquence de 55 hertz à l’intention de Blue 55. Son but est de pouvoir lui faire écouter pour qu’il se sente moins seul.

Commence alors une course contre la montre pour réussir à retrouver Blue 55, nageant quelque part au large de l’Alaska. Aidée par sa grand-mère, Iris embarque pour une aventure assez rocambolesque et truffée d’anecdotes sur les cétacés, dont chaque chapitre fait retenir son souffle au lecteur. Arrivera-t-elle à temps ? Pourra-t-elle le trouver ? Que se passera-t-il lorsqu’elle lui fera écouter le morceau ?

Cette histoire se détache des autres pour diverses raisons, en commençant par son héroïne. Iris perçoit le monde différemment que la plupart des personnes entendantes. Sans pouvoir entendre les sons, elle peut les ressentir, par des vibrations. Elle utilise aussi beaucoup son sens de l’observation pour analyser le monde qui l’entoure. Elle fait souvent des remarques sur le fait qu’elle a dû faire un bruit involontaire (quand elle soupire en classe ou qu’elle laisse tomber quelque chose par terre par exemple) en décrivant la réaction des personnes autour d’elle. Pour une personne qui entend, la lecture de ce livre est parfois surprenante car on se rend compte qu’on a oublié pendant quelques pages qu’Iris n’entend pas.

Iris est passablement isolée. Comme dit plus haut, à part sa grand-mère (et son grand-père décédé), personne n’est mal entendant dans sa famille, et cela provoque un décalage entre Iris et son entourage. Sa mère signe un peu, son frère aussi, mais son père sait à peine quelques phrases et cela donne à la jeune fille le sentiment d’être incomprise par sa propre famille. Ses parents refusent également de l’envoyer dans une école pour sourds, voulant tout faire pour qu’elle s’intègre au monde « normal » comme ils le considèrent. Cette thématique est intéressante et est d’ailleurs traitée dans un dossier à la fin du livre, l’auteure, Lynne Kelly, étant elle-même interprète en langue des signes.

Quant à Blue 55, il ne s’agit pas juste d’une baleine inventée de toute pièce. Il est inspiré d’une vraie baleine, 52 Hertz. 52 Hertz n’a jamais été vue, mais on connaît son existence parce que son chant a été entendu sous l’eau. Il peut s’agir d’un hybride ou d’une baleine ayant une malformation et ne pouvant chanter comme les autres. Pour tout le reste, Blue 55 est le produit de l’imagination de l’auteure, ce qui lui laissait la liberté de lui créer sa propre histoire, comme elle l’explique dans le dossier thématique à la fin du livre.

Pour conclure, je dirais simplement que si vous aimez les animaux marins, l’aventure ou que vous souhaitez remettre en question votre manière de percevoir le monde, ce livre est pour vous !

Références

KELLY, Lynne, 2020. Ballade pour une baleine. Toulouse : Milan, 2020. ISBN 978-2-4080-0782-9

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