A l’écoute des orques : ma vie avec les géants de la mer

Après un tour au Mali avec Mme Bâ, je vous propose un autre voyage, cette fois-ci dans une région plus froide, plus humide, mais tout aussi magnifique : la Colombie-Britannique. Nous embarquons avec Alexandra Morton à la découverte de la vie des orques, mais également de nombreuses espèces marines, naviguant entre les nombreuses anses et îles au nord de l’île de Vancouver.

Alexandra Morton est une biologiste marine, spécialiste des dauphins et des orques. A l’écoute des orques est son autobiographie, dans laquelle elle raconte son amour de la nature, son intérêt pour les sciences et sa fascination pour les orques. Elle relate ses premières expériences, d’abord à écouter et classer des heures d’enregistrements de chants de dauphins, puis à observer un couple d’orques en captivité, Orky et Corky. Elle en vient ensuite aux événements qui l’ont amenée à remonter vers le nord jusqu’en Colombie-Britannique pour aller observer des orques en liberté avec son compagnon.

Au fil des pages, le lecteur plonge dans l’univers des orques, dans le froid et l’humidité des balades en mer, dans la joie d’avoir enfin aperçu au loin le souffle d’une orque à la surface. On en apprend énormément sur les techniques d’observation, sur le début de la technologie d’écoute (les premiers hydrophones bricolés avec des pièces détachées) et sur la place qu’une femme doit se faire dans un monde scientifique à majorité masculine. Morton prend le temps de détailler toutes ces choses, de relever les difficultés mais aussi les victoires de sa vie de chercheuse.

Forcément, ce livre parle beaucoup des orques. Pour une personne qui est intéressée par cet animal, c’est une véritable mine d’or. Morton explique, avec patience et simplicité, comment s’organise une famille d’orques (un bon exemple de matriarcat 😉 ), pourquoi les orques ont des noms comme des matricules commençant par une lettre puis un ou plusieurs chiffres et comment les différencier. On apprend aussi qu’il existe différents types d’orques : les résidentes (du sud ou du nord) et les nomades, et que ces orques ne se nourrissent pas de la même façon et interagissent différemment. Certaines mangent uniquement du poisson et d’autres des animaux marins plus gros comme des poulpes, des phoques, etc.

Ce livre est aussi une ode à la région du détroit de la Reine Charlotte et de l’île de Vancouver. Morton prend le temps de décrire les paysages, les habitants, d’expliquer comment les villages de pêcheurs et de bûcherons fonctionnent et parle aussi de leurs habitations et mode de vie. Son amour pour la région est particulièrement palpable et plus d’une fois on se surprend à s’imaginer à ses côtés, dans son zodiac, à scruter les paysages et la surface de l’eau à la recherche d’un aileron noir ou d’une bouffée d’air.

Enfin, A l’écoute des orques s’arrête aussi sur l’impact de la pisciculture et l’élevage de saumons industriels dans la région. Morton y explique les conséquences de cette pratique sur la nature, les animaux sauvages (les saumons sauvages, mais aussi leurs prédateurs) et sur les pêcheurs et habitants de la région. Un passage intéressant qui permet de comprendre un peu mieux le fragile équilibre de l’écosystème et l’influence souvent désastreuse que peut avoir l’humain sur la nature.

Références

MORTON, Alexandra, 2020. A l’écoute des orques : ma vie avec les géants de la mer. Vanves : Marabout, 2020. Coll. Sciences & Nature. ISBN 978-2-501-15269-3

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